Le quotidien de Corine, infirmière libérale à La Garde, en exercice depuis 12 ans.

par | Mar 10, 2020 | Paroles de

Depuis 12 ans Corine exerce en libérale. Son métier elle l’aime mais son quotidien n’est pas toujours simple. Isolement, problématique d’organisation, de communication, de coordination ….

Elle nous parle de son quotidien et des difficultés qu’elle rencontre.

Quelles difficultés rencontrez-vous au quotidien dans votre pratique ?

L’isolement professionnel est une des principales difficultés rencontrées. Auquel s’ajoute la charge de travail qui s’accumule lorsque l’on s’occupe d’un patient dépendant et qui a besoin par conséquent de plusieurs services pour maintenir son confort et sa stabilité au domicile. Dans ce cas précis, l’infirmière joue un rôle important pour coordonner tous ses besoins, aussi bien sur le plan social, que financier, comme l’aider à faire une démarche administrative, le conduire à la mairie.

L’infirmière occupe une place pivot pour essayer de conserver le maintien à domicile. Son travail ne se résume pas aux soins infirmiers mais c’est un soin pluridisciplinaire. Elle doit aussi se mettre en relation avec d’autres professionnels de santé, le kiné, le médecin, les structures de soins à domicile, voire d’autres spécialistes, mais aussi avec la famille. Nous n’avons pas forcément de contacts par exemple avec les kiné, nous trouvons par le bouche-à-oreille.

Nous avons aussi des problèmes à trouver des médecins généralistes, avec le numerus clausus et le fait que beaucoup d’entre eux partent à la retraite, beaucoup d’entre eux ne prennent plus de nouveaux patients ou ne se déplacent plus au domicile. Cela pose beaucoup de problème dans le suivi médical quotidien des patients.   

Cela nous prend beaucoup de temps, c’est parfois usant, on ne se retrouve plus dans notre corps de métier.  

Combien d’heures travaillez-vous par jour ? Combien de patients par jour ?

Une journée type d’une infirmière est de 6h30 à 13h et de 15h30 à 20 h, entre 10 et 11h au total et nous effectuons entre 15 et 20 passages le matin et 10 à 15 l’après-midi, avec au milieu parfois des problèmes de pharmacie à régler, des appels téléphoniques au médecin, à la famille.

Avec les projets de loi, la volonté du maintien à domicile, le virage ambulatoire, comment voyez-vous évoluer votre profession ?

L’ARS nous demande de nous regrouper en CPTS qui sont en train de se créer. Nous serons amenés à être davantage en lien avec l’hôpital. On devrait arriver à mieux coordonner le parcours de soin des patients, que ce soit de l’hôpital vers la ville ou de la ville vers l’hôpital. Ces communautés devraient nous permettre de nous regrouper, de mieux nous connaître, de mieux regrouper les acteurs de santé, alors que jusqu’à présent nous avions un exercice un peu individuel.

D’ici quelques années, cette nouvelle organisation devrait être bénéfique pour le terrain. Par ailleurs, de nouvelles structures de maintien à domicile (SSIAD, HAD) pour les personnes en perte d’autonomie devraient se créer dans les années à venir, ce qui devrait alléger le travail des libéraux qui pourront avoir recours à ces structures, être partenaires. Cela devrait nous permettre d’être davantage dans le soin et laisser la logistique à ces entreprises.  

Qu’est-ce qui pourrait améliorer votre quotidien ? Quels sont vos souhaits ?

Pouvoir trouver un kinésithérapeute sur une plate-forme et voir ses disponibilités permettrait de faciliter les recherches, gagner du temps, et mettre en lien le patient plus rapidement avec des professionnels.

Utilisez-vous des outils numériques dans votre pratique quotidienne ?

On utilise l’agenda papier, une application pour le calendrier. Les applications sont multiples, c’est un peu fatiguant de switcher d’une application à une autre. Une application unique est une bonne idée pour regrouper des services et nous apporter un confort de travail.

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